Regards sur 20 ans d'expérience : les AOP-IGP !

Regards sur vingt ans d’expérience : les AOP-IGP ont un impact durable !

A l’occasion des vingt ans de l’entrée en vigueur de l’ordonnance sur les appellations d’origine protégées (AOP) et les indications géographiques protégées (IGP), l’Association suisse des AOP-IGP, l’office fédéral de l’agriculture et Agridea publient les résultats d’une étude faisant un état des lieux de la situation. L’impact de l’enregistrement de spécialités agricoles en tant qu’AOP ou IGP est significatif pour les producteurs, les régions et les consommateurs.

La vaste étude menée au sein des filières gérant les 33 AOP et IGP enregistrées à ce jour par l’Etat a permis de mettre en lumière un grand nombre d’effets. Plusieurs années après l’enregistrement de « leur » spécialité en tant qu’AOP ou IGP, les professionnels des filières concernées relèvent les principaux effets socio-économiques suivants :

• maintien ou amélioration de la qualité du produit,
• renforcement de la définition du produit et protection contre les dérives,
• protection contre les usages illicites de la dénomination,
• maintien de l’identité et du patrimoine régional,
• maintien des prix à la production, transformation et consommation,
• maintien ou augmentation des volumes de production.
 
Les filières soulignent en outre les effets positifs constatés sur la création de valeur ajoutée, la contribution au patrimoine gastronomique et à la biodiversité dans l’aire géographique.

AOP ou IGP pour maintenir le patrimoine régional
 
L’enquête a cherché à déterminer quelles ont été les motivations des filières pour emprunter la voie parfois tortueuse et longue de la protection AOP ou IGP. Et contrairement à l’idée que le motif principal serait purement économique, pour les agriculteurs, artisans et entreprises de transformation con-cernés, l’AOP ou l’IGP sert avant tout à défendre et à maintenir un patrimoine régional. Ces signes de qualités sont également utiles pour lutter contre les imitations et autres usurpations, aussi bien en Suisse qu’à l’étranger. Enfin, l’organisation collective autour de l’AOP ou l’IGP permet de maintenir une bonne cohésion au sein de la filière.
Dans un marché de plus en plus internationalisé et concurrentiel, les filières AOP-IGP sont conscientes des défis qui les attendent. Les principaux sont les suivants : le maintien de leur spécialité dans les assortiments des grands distributeurs à un prix rémunérateur pour toute la chaîne de trans-formation, la préservation d’une bonne cohésion au sein de la filière malgré les profils différents des entreprises-membres, les solutions à apporter aux nouveaux modes de consommation comme le snacking et le convenience food ou pour faire face aux intolérances alimentaires, tout en préservant les caractéristiques traditionnelles du produit. Enfin, les filières soulignent encore la formation et la re-lève par les jeunes générations comme défi à relever les prochaines années.
 
L’étude a également sollicité des acteurs en dehors des filières elles-mêmes. Ainsi, la grande distribution relève l’importance de protéger les produits régionaux pour leur origine ou leur mode de protection. Les distributeurs précisent qu’ils sont surtout intéressés à promouvoir et à valoriser leur propres labels et marques de distributeur. De leur côté, les associations de défense des consommateurs saluent le système de protection AOP-IGP comme un contrepoids à l’industrialisation du goût, mais elles regrettent les lacunes rencontrées aujourd’hui encore dans le système de lutte contre les fraudes et le manque d’intégration de certains aspects durables dans les cahiers des charges des AOP-IGP.

Au total, les AOP-IGP, ce sont 29 groupements qui gèrent 21 AOP, 12 IGP et regroupent 8'350 producteurs de matières premières. En tout, il s’agit de 1'661 entreprises de transformation pour environ 15'000 emplois équivalents plein temps. En 2016, ces derniers ont mis sur le marché 64'299 tonnes de produits certifiés AOP ou IGP, dont la moitié a été exportée, pour un chiffre d’affaires à la consommation de 1,56 milliards CHF.

Communiqué de presse


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